10. Colère rentrée pour Livret A limité

Challenge d'écriture 2025

Ecrit par Miss Caustique

Alors je verbalise, je crie, je relis Grangé, Chattam, Minier…
Et parfois je me dis qu’un jour je mettrai un contrat sur des têtes.
Heureusement que c’est rare : je n’ai pas encore le Livret A de mes ambitions.

Il y a plusieurs types de colère.

La colère éruptive.
Celle qui t’irradie quand on a blessé un frère, une sœur, une mère.
Quand on a maltraité un enfant.
Quand on humilie un être différent.

Cette chaleur qui te prend les entrailles et qui pourrait pousser à la pire des violences.
Alors je verbalise, je crie, je relis Grangé, Chattam, Minier…
Et parfois je me dis qu’un jour je mettrai un contrat sur des têtes.
Heureusement que c’est rare : je n’ai pas encore le Livret A de mes ambitions.

L’injustice, c’est mon déclencheur numéro un.

Le problème, c’est que l’injustice est partout.
Des gens qui n’arrivent pas à se loger pendant que d’autres louent trois studios à la semaine sur Airbnb.
Des violeurs dont on préserve l’anonymat « parce que sa mère, la pauvre, elle en mourrait ».
Des gamins traités pour deux pétards de délinquants par des notables qui s’envoient des gros rails de coke estampillés
« narcotrafic et commerce équitable ».

La colère monte à chaque page de journal.
Mais tu ne sais pas quoi en faire.
Alors elle se recentre dans ton corps.
Tu encaisses l’information, tu te sens mal, impuissant.

C’est comme ça que je suis devenue prafiste pratiquante.

Les médias : plus rien à foutre.
La santé publique : plus rien à foutre.
La politique : plus rien à foutre — dis-toi que si je connais le nom du Président,
c’est uniquement à cause des flashs infos sur Chérie FM.

La foi prafiste fait des miracles sur la légèreté d’âme.
Mais il reste quand même des trucs qui passent pas.
Les pesticides et autres substances chimiques introduites dans la viande.
Dans les légumes.
Dans l’eau.
La surpêche organisée.
Avec la bénédiction des gouvernements, mesdames, messieurs.

Parfois, j’ai l’impression que ma religion du prafisme compte huit milliards d’adeptes.
Nous, nos enfants, nos amis, et tous les animaux de la Terre,
on va tous avoir le cancer.
Mais les gens en ont rien à secouer.
(Merci de votre confiance.)

« Tu reprendras bien un peu de ce gros canard bulgare, Martine.
Et t’inquiète pas pour ta ligne, il est injecté à l’eau et aux additifs. »
Génial.

Alors j’essaie d’agir.
Je fabrique ma lessive.
Je consomme du canard français.
Je laisse mon jardin s’auto-arroser à l’eau de pluie.

Je sais que ça suffira pas à sauver la planète.
Puis de toute façon, j’ai pas de gosse.

Ma frustration se transforme en colère,
et je la garde dans mon corps,
comme une harpie de compagnie
qui ne me quitte jamais.

Paraît que j’suis « irritable ».

Le conducteur qui se gare trop près de ma frontière : connard.
La collègue qui dit jamais bonjour, avec son
« Cordialement » en signature automatique : grosse connasse.
Le date qui te garde sous le coude pour les jours de pluie : triple connard.
Le mioche qui hurle parce qu’il s’est vautré comme un sac sur le bitume…
Non, j’déconne. J’adore les mômes.

Ça, c’est la colère ordinaire.
Celle du quotidien.
Quand mon ego se prend pour un caïd de la téci.
« T’as vu, on t’a encore manqué de respect. Réagis. »

Mais lui, c’est un dingue
(cf. Gentillesse et règlements de compte sur fond d’alcool).
Alors je ne le laisse parler que quand je suis bourrée.

Le conflit, c’est chronophage.
Énergivore.
C’est pas dans la philosophie prafiste,
et ça ne me plaît pas.

Donc tant que t’as pas violé ma mère,
tu peux te lâcher tranquille.
Je garderai ma colère bien rangée
au fond de ma tête.

Mais sache une chose :
si mon Livret A prend du volume,
tu auras toujours une place spéciale dans mon cœur ❤️

Et si, en prime, je deviens alcoolique…
réfléchis quand même à changer ta signature automatique, copine.

Je suis Miss Caustique, survivante certifiée du chaos et docteure en autodérision appliquée.
Après de multiples déboires, je pratique la résilience comme d’autres pratiquent le yoga (avec moins d’équilibre et bien plus de sarcasme).
Convaincue que l'humour facilite la guérison — et reste le meilleur raccourci vers une version 2.0 de soi, plus vivante, légère et assumée, je vous partage quelques "drôlatiques" expériences de mon crû.

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