14. Luxure, c’est pire sans libido

Challenge d'écriture 2025

Ecrit par Miss Caustique

Au départ, la sexualité dépravée, j’ai toujours été contre. Sauf qu’au collège, la version normale… me stimulait moyen.
Trop jeune pour finir frustrée, non ?
Alors j’ai décidé de m’ouvrir.

J’ai beaucoup réfléchi à comment vous parler de la luxure, sachant que ma famille lit mon blog.
Et j’ai opté pour l’élégance.
Ça me changera.

Au départ, la sexualité dépravée, j’ai toujours été contre.
Sauf qu’au collège, la version normale… me stimulait moyen.
Trop jeune pour finir frustrée, non ?
Alors j’ai décidé de m’ouvrir :

Un peu plus curieuse.
Un peu moins morale.
Diversification, rayon hommes, femmes, légumes.

Mes parents savaient-ils qu’ils avaient engendré un monstre ?
Probablement.
Les chiens ne font pas des chats.

La première fois que j’ai lu 50 nuances de Grey, c’était dans un train de nuit.
Dix heures de voyage.
Zéro minute de sommeil, parce que j’adore les histoires d’amour.

Après, il y a eu les polémiques.
Les gens auraient trouvé le personnage principal toxique.
Moi, j’ai rien remarqué.

— Attends, il l’attache avec des cordes quand même.
— Bah oui. T’aurais pris de la super glue, toi ?

Après, vous devinez la suite :
500 nuances plus sombres, en mode obsessionnel.

À ce moment-là, je me rends pas compte tout de suite que je déraille.
Parce que ta morale dépend de tes référents.
Et disons que j’ai pas été aidée (Incest stories, je raconte une prochaine fois).

J’ai compris que quelque chose clochait à une masterclass d’écriture.

Je suis au dernier rang, terrassée par la timidité.
Je me crois à l’abri.

L’écrivain très connu* demande un titre chic et choc.
Le micro arrive devant moi.
Trois secondes pour réfléchir.
Aucun sang-froid.

Ma bouche lâche :
« Sainte salope ». Sans filtre.

L’auteur me regarde, interloqué.
Il me demande de répéter.
Au micro. Devant tout l’amphi. Trois fois. 

Avec le recul, j’aurais dû simuler un Gilles de la Tourette. Se sss ssss – salope salope.
Mais mon cerveau détraqué a préféré l’humiliation publique. Plus kiffant.

Puis un beau jour, ma libido a décidé de se barrer.

— Ok. T’as envie de faire des conneries ?
Ben tu les feras sans moi.

— Déconne pas.
On se connaît depuis la primaire.
On a fait les 400 coups ensemble.
C’est pas le jour où je tombe amoureuse qu’il s’agit de se carapater.

— Allô ? Allô ?
— Votre correspondant vous recommande de vous débrouiller solo (restitution polie).

J’ai essayé.
Mais les kinks, c’est vachement moins glamour sans libido.

J’ai appelé toute la cavalerie à la rescousse : psys, sexologues, chamans. Et il s’est avéré que c’était juste un délire BDSM.

Ma tête, elle disait toujours à mon corps :
On te demande pas ton avis, exécution, c’est moi le patron.

Et mon corps, un peu joueur, a répondu :
ok, on parie ?
Switch.
J’te coupe la libido.
Dix ans de mauvais sexe.

Et maintenant, c’est qui le patron ?

Castration chimique imposée.
Sans safe word.
Et j’étais clairement pas consentante.

La méthode est hyper toxique, j’suis admirative.

Bref, depuis dix ans, je conceptualise le vice de façon purement théorique.
Dès qu’un volontaire se présente pour un peu d’action : batteries à plat.

Ne me restent que la pensée et les mots.

Si vous voulez de la morale, en voici une :
La luxure, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale.

* Pour les lecteurs curieux (et les algorithmes) :
la masterclass évoquée était animée par Bernard Werber.

Je suis Miss Caustique, survivante certifiée du chaos et docteure en autodérision appliquée.
Après de multiples déboires, je pratique la résilience comme d’autres pratiquent le yoga (avec moins d’équilibre et bien plus de sarcasme).
Convaincue que l'humour facilite la guérison — et reste le meilleur raccourci vers une version 2.0 de soi, plus vivante, légère et assumée, je vous partage quelques "drôlatiques" expériences de mon crû.

Ne manque pas les caustico-news !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Vous aimez ? Partagez librement !