16. La rupture censée me mettre KO : sociopathie ou superpouvoir ?

Challenge d'écriture 2025

Ecrit par Miss Caustique

Après une relation de cinq ans, je suis triste trois semaines. Soit 1,15 %.
Statistiquement négligeable.

J’aime les ruptures sentimentales.
Ça a toujours été.
Attention, pas immédiatement, immédiatement.
On n’est pas des bêtes.

Non, pendant trois grosses semaines, je mange des pâtes au beurre saupoudrées d’emmental râpé en chantant Dalida.
Comme tout le monde.
Trois semaines sur, admettons, six mois de relation, ça fait du 11,5 %.
Ce qui est correct, mais perfectible.

Là où ça devient intéressant, c’est sur une relation longue.

Après une relation de cinq ans, je suis triste trois semaines.
Soit 1,15 %. Statistiquement négligeable.

J’aime la rentabilité, ça a toujours été.
C’est pour ça que quand il faut cocher sur les applis dating, j’indique toujours
« relations longues » ou mieux « partenaire de vie ».

Une relation de cinq ans, ça ne m’est arrivé qu’une seule fois,
et le canasson a été impressionné par le format de l’entretien final.
Ma réputation, j’y tiens, et j’apprécie une rupture bien menée.

Ne me dites pas que vous faites partie de la catégorie de personnes infâmes,
assez sordides pour clore une cohabitation de cinq ans avec un texto ?

Non.
Le fichier Excel, tout en évitant les envolées lyriques et le sentimentalisme excessif,
permet d’envoyer un message clair, émotionnellement mature,
et surtout pragmatique :
l’inventaire de la maison va se passer à l’amiable.

Pas de cris.
Pas de larmes.
Seulement six colonnes :
objet, quantité, estimation de prix, souhaite garder, ne souhaite pas garder, ne se prononce pas.

Un procédé que je recommande,
car il rassure
et permet de rester en bons termes.

Mon compagnon de l’époque — qui jusque-là s’était reconverti dans l’exploration de la jeunesse — a même eu un regain d’intérêt et m’a proposé des après-midis poker pour en rediscuter au calme.
J’adore le poker.
Mais le truc, il aurait dû le savoir, c’est que je ne sais pas bluffer.

Que se passe-t-il au bout d’un mois de macaronis emmental ?
La régression au stade de bébé a éliminé le chagrin résiduel,
et je me rends compte de la douceur du silence,
du parfum d’un livre,
d’une sortie autonome entre amis,
d’un rapport sain à mon téléphone,
d’un chez-moi décoré à mon image.

La sangsue angoissée laisse place à une fleur sereine
qui respire la joie de vivre.

En semaine 4, j’ai recommencé les bourguignons.
En semaine 5, je planifie le voyage de mes rêves.
En semaine 6, je flirte à nouveau dans les cafés.
Je suis heureuse.

Pensez-vous que je sois sociopathe ?
Sociopathe, c’est que pour les hommes, non ?
Il faut lire la presse féminine.

Toujours est-il, je me suis demandé si c’était normal de ne rien ressentir
(les pâtes au beurre, c’est plus du lâcher-prise).

C’est bien de savoir.
Pour la science.

Mes hypothèses :

1/ Quand tu clos une relation longue, tu as déjà tout essayé.
Tu sais depuis un moment que c’est mort.
Le doute est parti avant toi.

2/ Tu vivais sous dépendance affective ou emprise.
Tu te retrouves.
Et tu ne veux plus jamais te reperdre.
Du moins pas avant la semaine 6.
C’est quand même cool de se mélanger les linguines.

3/ La séparation volontaire est moins douloureuse que la hantise d’être abandonnée.
Cohérent, mais sans panache.

4/ Tu as un trouble dissociatif de la personnalité.
Ce qui expliquerait pas mal de choses.
Ma préférée.

Évidemment, questionnaire à choix multiples.
Et comme toujours, je coche un peu toutes les cases.
C’est mon côté polyvalent.

Je ne saurais pas dire si c’est de la sociopathie ou un superpouvoir.
Mais pour l’instant, ça fonctionne très bien.

À votre tour : partagez-moi vos meilleures techniques de rupture sur les réseaux sociaux (Facebook Causticothérapie ou Instagram @misscaustique). C’est pour la formation continue. Et on se retrouve demain pour papoter psychologie du sentiment.

Je suis Miss Caustique, survivante certifiée du chaos et docteure en autodérision appliquée.
Après de multiples déboires, je pratique la résilience comme d’autres pratiquent le yoga (avec moins d’équilibre et bien plus de sarcasme).
Convaincue que l'humour facilite la guérison — et reste le meilleur raccourci vers une version 2.0 de soi, plus vivante, légère et assumée, je vous partage quelques "drôlatiques" expériences de mon crû.

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