18. Aux amis qu’on mérite, à ceux qu’on optimise !

Challenge d'écriture 2025

Ecrit par Miss Caustique

Petite pensée pour eux, avec qui on ne s’ennuie jamais.
Ceux qui me font rire et qui ont été, selon l’expression consacrée, finis au pipi.

Votre Noël s’est bien passé ?
Le mien, excellent. J’étais encore ce midi en famille et la fête a bien failli être tout à fait banale.
Fort heureusement, ma grande-tante s’est dévouée pour se fracturer l’humérus.
Merci à elle pour le divertissement.

Et soudain, j’ai pensé :
Noël ne pourrait jamais se passer de façon consensuelle si on le fêtait avec des amis.

Je fréquente essentiellement des gens instables, mal câblés ou alcooliques.
Si possible, les trois.

Petite pensée pour eux, avec qui on ne s’ennuie jamais.
Ceux qui me font rire et qui ont été,
selon l’expression consacrée, finis au pipi.

J’ai eu envie de vous partager un peu de mon affection sous forme de souvenirs.

Extraits de nos conversations (véridiques, comme tout sur ce blog)

Serial gaffeuse
Ces derniers temps, j’avais besoin d’argent, j’ai bossé comme une folle.
Premier job : en partant livrer ma pizza, j’entends un énorme boom.
Je me retourne : la voiture de livraison était dans un arbre.
Pas du tout pensé au frein à main. Virée.

Après, j’ai trouvé en banque. Mauvais bouton, j’ai déclenché l’alarme et verrouillé les sas.
Avec les clients, on est restés bloqués dans la banque.

Enfin maintenant c’est derrière moi, j’ai réussi le concours de police.
Je risque de te foutre un sacré bordel là-dedans.

No limit
Je suis embêtée, j’ai perdu mes chaussures.

Je suis sortie boire avec des gens rencontrés hier.
Un verre en a entraîné un autre.
Au moment de rentrer, impossible de retrouver l’hôtel.

J’ai marché un moment, frappé au hasard à une porte.
Un couple m’a ouvert, je suis entrée chez eux et j’ai dormi.

Peu de souvenirs, pas de chaussures, mais j’ai réussi à rentrer pieds nus ce matin.
J’ai un petit bonhomme qui me tape dans la tête.

Techno-mode
J’ai une montre connectée pour la randonnée.
C’est elle qui décide quand tu dois t’arrêter.

Non, pas maintenant.
Tu es essoufflée, mais ton ressenti ne compte pas.
La montre indique que le rythme cardiaque n’a pas encore atteint le seuil critique.

Tu aurais pu continuer, c’est dommage.

Quoi, l’ombre ?
On ne s’arrête pas sous prétexte qu’il y a de l’ombre.
On s’arrête quand la montre sonne.

Ah, tu entends ce bip ?
Ça, c’est pour boire.
Hydratation programmée toutes les vingt minutes.

Fascinant.

Pour la plupart, ils vivent loin.
Tant mieux.
Ils sont, comme mon île… Intenses.

La superficialité m’ennuie.
Et faire la connaissance profonde de nouvelles personnes demande un investissement que je ne suis pas toujours prête à fournir.

J’aime les gens,
du moins j’aime l’idée.
Pourtant, je cherche la moindre excuse pour m’isoler.

Exemple : chez moi, il y a de quoi accueillir des amis pour la nuit.
Mais ceux qui me connaissent intimement savent qu’il est préférable de ne pas s’y attarder.

Mi casa es mi casa.

Une de mes premières actions en tant qu’occupante des lieux :
vider la chambre d’amis, trop près de la mienne,
et aménager à la place le bungalow extérieur indépendant.

Loin des yeux, près du cœur.
Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés.
On ne mélange pas les torchons et les serviettes.

Un jour, une connaissance a voulu y séjourner.
J’y ai vu une opportunité de lier une amitié.

Fonctionnant exclusivement sur le principe du don / contre-don,
comme dans les sociétés primitives,
j’ai dit ok, contre le dîner.

Il a oublié.
Il a oublié mon dîner.
Erreur stratégique.

J’aimerais parfois savoir mentir.
Car là où la plupart des gens masquent leur déception et relativisent,
je réclame des dommages et intérêts.

— C’est con, dommage, moi j’ai oublié mes clés.

Un point partout.
Retour à l’expéditeur.

Le prospect s’est enfui à l’issue d’une magistrale leçon d’éthique.
On ne l’a jamais revu.

Récemment, j’ai cru pouvoir rectifier le tir.
Un couple m’a invitée à déjeuner, à vingt-cinq minutes de chez moi.

Quand je leur ai raconté combien c’était un calvaire de conduire,
ils m’ont remerciée d’être venue
et se sont excusés de m’avoir fait faire le déplacement.

Enfin des personnes polies.
Compatibilité amicale immédiate.

Malheureusement, ils avaient des enfants. Trop contraignant.

J’ai l’air d’assumer mes positions,
mais j’ai beaucoup culpabilisé.

Pourquoi je sabote toujours mes possibilités d’amitié ?
Où se situe la frontière entre exigence et psychorigidité ?

On m’a toujours dit :
Marine, sois exigeante.
Je crains d’avoir été trop premier degré.
C’est en tout cas l’avis de mon entourage.

Adepte de la stratégie du 2 en 1
(expliquée dans Et Dieu acheva au septième jour l’œuvre qu’il avait faite),
j’ai trouvé une alternative efficace :
je fréquente amicalement ma famille,
que j’ai déjà fait l’effort de rencontrer
et qui est définitivement acquise,
et j’emprunte, au besoin, leurs amis.

Avantages :
– ils sont déjà validés socialement ;
– les frais d’entretien sont minimes ;
– pas besoin de les appeler pour prendre des nouvelles.

C’est le rêve pour tenir le standard téléphonique les jours de fête.

Cette année, je me félicite d’avoir eu seulement trois messages à envoyer.
Aucune initiative personnelle, évidemment.

A l’occasion, faudra quand même que je passe voir la copine C (Techno-mode).
Je suis certaine qu’elle connaît un moyen d’automatiser l’amitié,
ou encore plus malin : de s’en passer.

Je suis Miss Caustique, survivante certifiée du chaos et docteure en autodérision appliquée.
Après de multiples déboires, je pratique la résilience comme d’autres pratiquent le yoga (avec moins d’équilibre et bien plus de sarcasme).
Convaincue que l'humour facilite la guérison — et reste le meilleur raccourci vers une version 2.0 de soi, plus vivante, légère et assumée, je vous partage quelques "drôlatiques" expériences de mon crû.

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