2. Double challenge et double menton

Challenge d'écriture 2025

Ecrit par Miss Caustique

Déjà enfant, le jour où ma mère a décrété que je devais « faire attention » parce que je prenais des rondeurs, j’ai immédiatement décidé de devenir anorexique. Cash. 

Les tièdes, Dieu les vomit — c’est l’Apocalypse qui le dit, pas moi. Et comme je suis une élève appliquée quand ça m’arrange, j’applique ce verset au pied de la lettre : chez moi, il n’y a pas de gris. C’est tout blanc ou tout noir, empathique ou insensible, introvertie ou délurée, deux détartrages par an ou deux douzaines de clopes par jour, purée de légumes (rarement) ou magret et linguines au bleu (souvent).

Et c’est ce dernier point qui nous intéresse aujourd’hui. Déjà enfant, le jour où ma mère a décrété que je devais « faire attention » parce que je prenais des rondeurs, j’ai immédiatement décidé de devenir anorexique. Cash. Pas pour la culpabiliser — quoique l’idée m’effleure encore parfois — mais parce que ma volonté fonctionne en mode interrupteur : ON ou OFF. Le juste milieu ? Je ne connais pas cette personne.

Et si en plus on me signale que je gonfle, alors là : double ration. Stratégie éprouvée.
La tête de ma mère le jour où j’ai mangé une marmite entière de poulet aux citrons confits… À la fin, il restait deux pilons que j’ai superposés façon Kapla pour faire croire que j’avais « juste un peu goûté ». Moins flag’, évidemment. Sûr…

Si je vous raconte tout ça, c’est que le problème devient sérieux. Jusqu’à une trentaine bien tassée, j’étais la fille gourmande, rebelle, décomplexée. Et puis, vers la quarantaine, je deviens juste… la fille qui se laisse aller. Et ce double menton arrogant qui s’étale dans mon miroir, je le vis de moins en moins bien.

Deux options s’offrent donc à moi :

1 — Le régime.
Rien que d’y penser, j’entends déjà maman sortir son « Je te l’avais bien dit » avec ce petit éclair victorieux au fond des yeux. Ce serait renier des décennies d’insoumission aux injonctions féminines pour capituler comme un vieux dindon piteux. Et là c’est pas que mon égo implose mais disons j’ai besoin d’un compromis pour rendre l’affaire acceptable, et le régime savoureux.

2 — Compenser.
C’est la grande théorie d’une psy que je connais, très motivée à rentabiliser ses années d’études en construisant des théories bancales : si les gens ont de belles qualités humaines c’est pour compenser un déficit ailleurs — beauté, intelligence, humour… Donc si mon double menton persiste, je devrais développer des qualités comme la gentillesse, la serviabilité (la même chose, selon moi) ou la générosité.
Ben voyons. Tu veux pas 100 balles et un Mars tant qu’on y est ? Elle a les dents longues, la psy…

Partisane du moindre effort, vous devinez ce que j’ai choisi : le régime anti double menton. Parce qu’avec un peu d’imagination, on peut jouer sur les accompagnements et faire comme si rien ne changeait.

Exemple :
Ce midi : un bol de riz (non négociable, je suis Réunionnaise).
Ce soir : choux-fleur sauce gorgonzola. Il se peut que j’aie confondu régime minceur et recettes végétariennes, deux concepts encore exotiques pour moi.

Et en cas de rechute, il me reste le jeûne sec. Ne pas confondre avec le jeune. Mais les histoires de bonhommes, ce sera au menu de demain.
De bonne heure, j’en doute.
Mais de bonne humeur… on va essayer.

Ecrit par Miss Caustique

Je suis Miss Caustique, survivante certifiée du chaos et docteure en autodérision appliquée.
Après de multiples déboires, je pratique la résilience comme d’autres pratiquent le yoga (avec moins d’équilibre et bien plus de sarcasme).
Convaincue que l’humour facilite la guérison — et reste le meilleur raccourci vers une version 2.0 de soi, plus vivante, légère et assumée, je vous partage quelques « drôlatiques » expériences de mon crû.

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