5. No pain … no pain

Ecrit par Miss Caustique
Puis arrive enfin la délivrance. Et là, même schéma que quand j’érafle ma voiture en me garant : je relâche l’attention une seconde avant la fin. Mauvaise idée.
Quel degré d’autodiscipline faut-il avoir pour faire du sport… ?
Ça c’est un truc que j’ai jamais trop intégré.
J’en parle parce que je sors d’une Zumba géante : un rassemblement public où des dizaines d’élèves, exclusivement des femmes, suivent une majorité de coachs hommes qui, mystère total, ne se mélangent jamais aux élèves. Des leaders naturels, apparemment : les mâles alpha du fitness, prêts à mener des légions d’œstrogènes.
Ah, la domination masculine… Pas éthique, j’entends. Mais pas désagréable non plus. Comme tout bon dilemme moral d’ailleurs. Souvenirs, souvenirs.
Bref, je digresse. Et en parlant de graisse : mon mécanisme de déstockage est en panne depuis dix ans. Il y a deux ans, je me suis décidée à régler le problème. En anglais : no pain, no gain. Chez moi : pas de douleur, c’était déjà un sacré bon programme, d’où le temps de réaction.
Ajoutons à ça mes déconvenues sportives.
Exemple, j’ai tenté un cours d’essai de taekwondo. Pas la pire honte de ma vie, mais petit niveau quand même. Le cours était mixte enfants–adultes. Et comme j’avais honte d’avoir moins d’endurance qu’un gamin de 8 ans, j’ai couru comme un hamster sous cocaïne, mode pokerface.
Puis arrive enfin la délivrance. Et là, même schéma que quand j’érafle ma voiture en me garant : je relâche l’attention une seconde avant la fin. Mauvaise idée.
Moment du salut : solennel, plusieurs gradés présents. Je me penche fièrement, très fièrement… et mon corps se détend un peu trop. Mon sphincter aussi.
Mais j’avais un objectif clair, intégrer ce club. Alors j’ai fait comme toute lâche respectable : j’ai jeté un regard dégoûté à l’enfant derrière moi. Non mais oh, de la tenue, mince.
L.e.a Covid (écriture inclusive, ça t’impressionne ?) a pas tardé à contrarier mon élan de motivation, avec la fermeture des clubs. Au tout début, je dois avouer, je l’ai bien aimé, moi, ce virus. Pas éthique, c’est clair, mais pas désagréable. On a nos constantes.
Puis est venue ma période yoga. J’ai senti que c’était bon pour moi. Pour me motiver, j’ai mis le paquet : j’ai même daté le prof.
Économie d’énergie : pas besoin de marcher jusqu’au studio.
Boost d’humeur : j’avais droit à l’apéro.
Et s’il y a une chose que j’adore, c’est les bonnes affaires.
Mes ambitions sportives et amoureuses ont duré six mois. Mes cuisses me remercient ; les cavistes aussi. Win-win.
Après, ça s’est gâté : pas dans une ville fixe, que des profs mariés… Des fois, faut pas lutter.
Mais la Zumba m’a sauvée. Tu danses, et il paraît que c’est du sport quand même. Des parents m’ont conseillé de faire un “vrai” sport : si ça fait pas mal, ça marche pas.
Mais quel genre de parents êtes-vous ?
Et même si l’aiguille de ma balance continue sa migration vers l’Est, je persévère. Sinon, j’ai lu qu’on pouvait se muscler en pensée, via la méditation. Et en termes d’effort, je trouve ça extrêmement séduisant.
Ce qu’on fait, on se retrouve demain, si le temple autorise l’ordinateur.
Au fait… ça couche, un moine ?

Ecrit par Miss Caustique
Je suis Miss Caustique, survivante certifiée du chaos et docteure en autodérision appliquée.
Après de multiples déboires, je pratique la résilience comme d’autres pratiquent le yoga (avec moins d’équilibre et bien plus de sarcasme).
Convaincue que l’humour facilite la guérison — et reste le meilleur raccourci vers une version 2.0 de soi, plus vivante, légère et assumée, je vous partage quelques « drôlatiques » expériences de mon crû.
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