8. La paresse, péché capital et vocation à temps plein

Ecrit par Miss Caustique
En ce moment, je vis les heures les plus exaltantes de ma carrière : je suis sans emploi.
Mon entourage a peur que je m’ennuie… comique, mais quand même difficile de croire qu’on vient du même moule.
Si vous me connaissez un peu, vous devinez que la paresse, c’est un de mes péchés capitaux préférés (Cf. No pain, no pain). Quand je regarde Seven, des fois je me dis que ce John Doe, il avait deux ou trois idées qui m’auraient bien plu. Un mix Paresse/Gourmandise, par exemple. La victime attachée par les pieds à un lit Queen Size, à binge-watcher les dernières séries tendances, l’osso bucco qui dégouline de la bouche. Hum. La punition parfaite.
Ça me rappelle une dissertation de sociologie : Peut-on s’épanouir par le travail ?
Punaise, page blanche à l’époque. J’avais envie de répondre que oui, le travail c’est super bien, mais l’inspiration, elle venait pas. Réflexe : chercher des penseurs connus qui ont écrit des trucs sur le sujet. Les Allemands, peut-être ? Pour fayoter, j’avoue que ça n’a pas été évident. Six longues heures pour une note en dessous de la moyenne. Ça blase.
Après, quand j’écoute les gens, je sais que ça parle pas à tout le monde :
« Ah mais moi, je suis passionné(e) par ce que je fais. Vraiment. »
À ceux qui lisent ceci et qui se sentent concernés : je vous admire sincèrement. Mais je vous comprends pas.
Trouver un travail quand on sait pas mentir aussi, c’est compliqué, avec le stress en plus… Je me souviendrai toujours de mon premier entretien d’embauche. Le recruteur, je lui balance :
— C’est simple, j’aime pas faire d’efforts.
(Silence gêné. Sourcillement interrogateur du gars qui se demande probablement où est la caméra cachée.)
— …Donc je trouve toujours les solutions les plus efficaces et directes pour atteindre un objectif.
(Ouf. On l’a échappé belle.)
Et qui a décroché son premier job de manager commercial ? C’est Bibi !
Si ça n’apparaît pas sur mes fiches de paie, c’est parce que la date de prise de poste coïncidait avec mon départ en vacances.
Bad timing.
En ce moment, je vis les heures les plus exaltantes de ma carrière : je suis sans emploi.
Mon entourage a peur que je m’ennuie… comique, mais quand même difficile de croire qu’on vient du même moule.
En tout cas, vous admettrez que j’utilise bien mes indemnités.
C’est qu’un avis personnel (peut-être un futur projet de loi de l’ultra-gauche ?), mais je trouve que les comiques devraient être remboursés par la Sécurité sociale.
Les chanteurs et les musiciens aussi, d’ailleurs. Quand je dis musicien, je parle de la grande chanson française qui parle de vie, d’amour — pas de mon rocker d’ex qui se rend sourd dans sa cave, hein (#fallaitpastebarreravecmapotebitch #jmexcusereviens).
Bon, mais je veux que ma conseillère emploi sache que je prends la situation très au sérieux et je passe officiellement une annonce :
Honnête épicurienne de 38 ans, basée dans le sud de La Réunion, recherche un poste à temps plein de :
— critique culinaire
— testeuse d’hébergement de luxe
— créatrice de contenus touristiques en milieu paradisiaque
— compagne de sugar daddy (télétravail exigé)
Évidemment, je suis ouverte à d’autres propositions, mais vous avez saisi l’esprit…
Comme dit mon ami Momo — faut l’imaginer avec l’accent provençal :
« Si le travail, c’était la santé, y aurait pas de médecine du travail. »
On est souvent d’accord avec Momo. Lui, sa technique, c’est la prison. Smart.
Mais d’après le président Sarkozy, la nourriture y est pas terrible — et si vous me lisez demain, vous comprendrez ô combien c’est inenvisageable.

Ecrit par Miss Caustique
Je suis Miss Caustique, survivante certifiée du chaos et docteure en autodérision appliquée.
Après de multiples déboires, je pratique la résilience comme d’autres pratiquent le yoga (avec moins d’équilibre et bien plus de sarcasme).
Convaincue que l’humour facilite la guérison — et reste le meilleur raccourci vers une version 2.0 de soi, plus vivante, légère et assumée, je vous partage quelques « drôlatiques » expériences de mon crû.
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