9. Gourmandise et théologie appliquée

Ecrit par Miss Caustique
Le pain de campagne a disparu dans mon œsophage en cinq minutes chrono.
Gavage niveau Sud-Ouest : validé par les Landes.
Mon circuit de récompense chantait la Marseillaise, la Lambada et Les Sardines en même temps.
La gourmandise… comment un mot aussi mignon peut-il désigner un péché capital ?
Franchement, ça sonne plutôt comme une bénédiction.
Le ciel nous aurait envoyé la bavette échalote, l’onglet sauce roquefort, le shiitaké, le cèpe, la girolle… et ce serait pour quoi ? Nous tester ?
Désolée, mais moi j’ai pas le cœur assez solide.
Et surtout, j’ai pas de temps à perdre avec ces blagues.
La Bible, très bien, mais là-dessus… j’arrête.
Les régimes aussi, j’avais dit que j’arrêtais.
Et puis à un moment, quand les culottes en coton 42/44 commencent à te serrer le postérieur, ça invite quand même à la réflexion.
Alors depuis une semaine, je mange plus de féculents le soir.
(T’as gagné, maman.)
Hier, j’avais un pain de campagne.
Levure de miel, farine de châtaigne, amandes grillées.
J’y ai pensé toute la soirée en me disant : c’est interdit.
Et moi, l’interdit, ça me stimule.
La frustration, je supporte mal.
Résultat : 22h30.
Je me lève du lit.
Direction le frigo.
Et vas-y que je te tartine le bidule de chocolat bien gras.
Comme j’ai fait exactement ce que je m’étais promis de ne pas faire, mon cerveau a dû négocier avec l’égo, pour faciliter la première bouchée.
Heureusement, je me cultive.
Je retrouve une vidéo minceur YouTube où un gars explique qu’il faut, de temps en temps, s’autoriser des trucs un peu fat, sinon le corps se met en alerte.
Maman.
Comment je te l’ai levée, l’alerte.
Le pain de campagne a disparu dans mon œsophage en cinq minutes chrono.
Gavage niveau Sud-Ouest : validé par les Landais.
Elle était toute au vert, l’alerte.
Mon circuit de récompense chantait la Marseillaise, la Lambada et Les Sardines en même temps.
Quand je suis retournée au lit, le fantôme de Sabine Paturel s’est lové contre moi :
« J’ai tout mangé le chocolat… je fais rien que des bêtises, des bêtises quand t’es pas là. »
Et elle avait raison, Sabine.
Il y a des gens qui mangent par manque affectif.
Une ancienne obèse m’a dit un jour :
« Je mangeais mes émotions. »
Sa phrase m’a travaillée longtemps.
Ma solitude ?
Mon célibat longue durée ?
Mes relations stables sans bébé ?
J’y ai suffisamment réfléchi pour dire ceci :
ça n’a RIEN à voir.
Ma gourmandise, c’est juste une preuve de gratitude.
À la main divine qui distribue le magret de canard.
À Bouddha qui distribue le riz.
Et à la mafia italienne qui distribue la burrata.
Conclusion : la gourmandise ne peut pas — et ne doit pas — être considérée comme un péché.
Sauf chez les végétariens qui se gavent de burrata.
Réfléchissez un peu aux conséquences de vos actes : la mafia, quand même.
Bon appétit aux gens qui ont de l’éthique, et aux végétariens (au fond, je vous admire).
À demain pour un nouveau péché capital.

Ecrit par Miss Caustique
Je suis Miss Caustique, survivante certifiée du chaos et docteure en autodérision appliquée.
Après de multiples déboires, je pratique la résilience comme d’autres pratiquent le yoga (avec moins d’équilibre et bien plus de sarcasme).
Convaincue que l’humour facilite la guérison — et reste le meilleur raccourci vers une version 2.0 de soi, plus vivante, légère et assumée, je vous partage quelques « drôlatiques » expériences de mon crû.
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